Un laptop laboratoire
Au début il y avait l'Atom
En matière de laptop j'ai commencé en 2007 avec un modeste Netbook mono-coeur de chez Packard Bell. Machine très primitive, écran 11 pouces, processeur Intel Atom de première génération -très peu endurant-, disque mécanique. Autant dire une casserole. J'ai choisi ce modèle pour son ultra portabilité et son autonomie. Lecture de mails, prise de note et petits surfs sur Internet étaient les premières tâches pour ce cassoulet de transistors. Livré sous WindowsXP -on adore!- il fallait rapidement envisager un changement de système d'exploitation car le hardware ne pouvait supporter la charge d'un tel système. De mémoire je crois que j'y ai installé une Ubuntu très minimaliste.
Arrivé sous Linux, les choses se compliquent rapidement car le support GPU est très mauvais et instable, le son et le WiFi également. Finalement le "reste" ne fonctionnera pas mieux -des soucis de stabilité et fiabilité constants-. Sur les forums dédiés les gens pestent contre le matériel (surtout le GPU) qui est horrible à prendre en charge.
Ubuntu sous LXDE/XFCE avait déjà bien du mal à tourner de façon à peu près fluide. Difficile de faire plus léger avec un environnement de bureau à peu près complet. Bref, au bout de quelques semaines j'arrive à utiliser le netbook pour des usages simples, mais impossible d'aller plus loin avec cette machine; et surtout, impossible d'avoir confiance dans le matériel, même le stockage et les accès disque auraient fait pâlir les meilleurs cuisiniers spécialistes de cassoulets. Regarder une série ou un film -non HD- pousse la machine dans ses derniers retranchements.
Au bout d'une petite année sur ce NetBook je suis convaincu de l'utilité d'une telle machine pour mes usages mais je décide de switcher pour quelque chose de plus performant et stable,.. et je vais franchir un sacré pas en avant dès la prochaine étape !
Les années MacBook (intel)
Mes anciens MacBook étaient des machines formidables ! Je sais bien que certains vont se crisper en lisant ces lignes -non je ne pense ni à Vincent ni à Sam- mais pourtant c'est vrai. J'en ai possédé deux et demi; juste après la casserole de NetBook. Je m'explique: un premier MacBook (2008, classic white) qui m'a été fournit par mon employeur et sur lequel j'ai fais mes débuts durant un peu moins d'un an. Je le considère comme un "demi-MacBook" en ma possession vu qu'il n'entre pas dans la catégorie exploitation intensive pour des besoins personnels.
Ensuite : Macbook Pro (2011, aluminium) et MacBook Air (2014, aluminium). Très satisfait de l'expérience globale malgré des configurations modestes (pas de vrai GPU, disque et RAM limités). A cette époque j'avais opté pour du MacBook surtout parce que je commençais à travailler beaucoup de montages vidéo et la license FinalCut Pro X était très accessible. Les MacBook sont des machines qui vieillissent également très bien... mais arrive un moment ou il devient nécessaire de remplacer des composants défectueux ou des accessoires. Et c'est à ce moment que les choses se compliquent. Certaines pièces sont compliquées à remplacer, d'autres quasi impossibles, le tout, sur une base de tarification Apple comme on la connait. J'ai tout de même réussi à remplacer trackpad et disque dur sur mon dernier MacBook Air. Il restait un upgrade quasi imposible à faire: augmenter la RAM qui était initialement de 4Go; mais celle-ci était directement soudée sur la carte mère.. et cela signait la quasi fin de vie de l'appareil.
Ajouter à cela des mises à jour majeures de Mac OS de moins en moins favorables aux vieilles machines et on obtient un beau panach pour un remplacement de laptop... Cela dit, je n'ai pas remplacé le macbook immédiatement: à cette période je ne ressentais pas le besoin de repartir sur un ordinateur portable. Je me suis contenté des ordinateurs en poste fixe. Le dernier MacBook a fini au fond d'un tiroir pendant quelques années surtout parce que le chargeur était en fin de vie et empêchait la mobilité. Le tarif exhorbitant du remplacement du chargeur m'a fait rebondir vers d'autres solutions...
Le Vivobook d'ASUS
Après avoir passé quelques années sans laptop j'ai décidé de renouveler l'expérience - sans Apple donc cette fois-ci-. En 2022 j'ai fait l'acquisition d'un Asus Vivobook équipé d'une carte graphique Nvidia GTX que je gardais jalousement sous Windows 11 pour réaliser d'éventuels montages vidéos et pour le jeu vidéo. En ce temps DaVinci Resole (mon outil de montage fétiche) ne proposait pas encore suffisament d'options dans sa version Linux et cela m'a obligé à rester sous Windows 11 pendant toute la période de garantie.
Le format 15 pouces du Vivobook est relativement compact et.. pourtant.. au fil des transports je l'ai trouvé un peu trop encombrant pour pouvoir être facilement transporté dans mes sacs à dos usuels. Il n'y a probablement qu'un ou deux centimètres qui gènent par ci par la mais c'est un fait: il ne rentre dans aucun de mes sacs à dos. Il me faut à chaque fois utiliser une saccoche spécifique pour l'emmener avec moi. C'est vraiment très étonnant qu'aucun de mes sacs ne puisse convenir... quand on connait le nombre de sacs à dos dont je dispose !
En rejoignant les milieux associatifs de Metz, particulièrement l'association GraouLUG, je me suis dis qu'il serait intéressant d'avoir un autre laptop, peut être moins "haut de gamme" mais surtout plus compact et standard que je pourrais toujours avoir sur moi et sur lequel je pourrais faire tous types d'expérimentations : un laptop laboratoire. C'est ainsi que je me suis mis à la recherche d'un ThinkPad Lenovo, modèle que j'affectionne beaucoup.
Le laptop Labo: Thinkpad x260
Après quelques jours de recherche -sur les internets- j'ai réussi à récupérer un modèle X260 reconditionné en parfait état pour une petite centaine d'euros. Ce Thinkpad correspondait très bien à mes besoins de mobilité initiaux : laptop au format 12,5 pouces, très compact et léger, je pouvais l'emmener facilement partout avec moi sans même le sentir dans le sac à dos. Le modèle que j'ai récupéré était équipé d'un core i7 ultra basse consommation, d'une dalle HD 1366x768 pixels, un disque dur SSD de 256 Go de bonne facture (Samsung) et 8 Go de mémoire vive. Equipé de deux batteries (une interne et une externe) celles-ci permettait de tenir largement plusieurs heures. Une utilisation modérée permet d'atteindre les 6 à 8h d'autonomie sans trop de problèmes.
Cette configuration hardware était suffisante pour les premiers démarrages, mais c'est surtout l'écran qui montrait rapidement ses limites avec de très mauvais contrastes et angles de vue. La définition quand à elle était trop juste pour faire tenir certaines applications sur le bureau et en utilisation courante je manque souvent de place sur le bureau. Bref, je me rends bien compte qu'il faut effectuer un upgrade !
Je décide donc de me lancer dans une procédure de mise à jour matérielle conséquente : passage sur un écran full HD, changement de disque pour au moins 500 Go, et tant qu'à faire pousser à 16 Go de mémoire pour plus de confort. L'écran est commandé en ligne chez un revendeur de pièces détachées Lenovo. En ce qui concerne le disque dur j'avais encore un SanDisk 480Go en stock que j'ai réutilisé car il n'a que très peu servi (score S.M.A.R.T de plus de 94%). Pour la RAM SO-DIMM, j'ai recours à du troc de RAM avec des copains. Le tour est joué !
Le remplacement des pièces s'effectue en 3 temps car chaque pièce est livrée séparemment:
- d'abord le disque SSD (je l'ai déjà en stock): pièce facile à remplacer.
- ensuite la RAM: pièce très facile à remplacer.
- enfin l'écran (livré environ 4 semaines après commande): remplacement un peu plus délicat.
(Images)
Systèmes d'exploitation
Au niveau du software, ce portable de toutes les expérimentations aura vu toute une panoplie de systèmes d'exploitation : Gentoo Linux, FreeBSD, Debian, NixOS, Arch Linux et assimilés. C'est finalement sous EndeavorOs que je resterais durant plusieurs mois. Mais avant d'atterir sous ce système, j'ai testé tous les autres. Voici le petit retour d'expérience...
L'expérience Gentoo était comme toujours très enrichissante et très positive. La petite satisfaction personnelle d'installer et tuner son système from scratch, régler les paramètres de compilation au petit grain pour toutes les applications et services.
On y gagne vraiment en performance. L'intégralité du système est extrêmement réactif; bien plus que je n'ai jamais pu le constater sur une autre distribution. Cela nécessite un certain effort de mise en place, et un certains temps de lecture de la documentation officielle -très détaillée et très bien rédigée-.
Mais il y a aussi sous Gentoo la lourdeur des mises à jour: compilations intempestives et longues à chaque fois. Au bout de quelques semaines cela représente un grande partie de temps accordée à cette tâche et devient un frein à une utilisation plus avancée.. et surtout c'est un frein à l'expérimentation de nouvelles choses.
Sous FreeBSD, je n'ai pas eu beaucoup de chance avec le support hardware.. des problèmes en pagaille : contrôleur réseau non supporté, instabilité du controleur Wi-Fi, problèmes divers avec la carte son, pas de reconnaissance du bluetooth.. tout semblait instable et la majorité du temps non fonctionnel.
Cela commence dès l'installation du système durant laquelle je suis obligé de connecter un adaptateur RJ45-USB externe pour bénéficier de la connectivité réseau car le matériel intégré du laptop n'est absolument pas supporté.
Le système est quand à lui fidèle à ce que l'on peut espérer d'une BSD: simple, efficace, stable (pour la partie logicielle). Mais malgré mes essais et nombreux patches afin d'améliorer le support et la stabilité du matériel, rien n'y fait. Je rencontre toujours autant de problèmes, particulièrement avec la partie WiFi et audio.
Je persisterai ecore quelques semaines sous FreeBSD, mais après ma troisème réinstallation complète je baisse les bras et je me tourne vers d'autres systèmes d'exploitation car cela devenait totalement improductif.
J'ai excommunié FreeBSD pour un environnement desktop/laptop mais je garderais ce système pour du serveur privé (VPS). Je laisse en bonus et souvenir 2 photos des problèmes fréquemment rencontrés sous BSD.


Je fais ensuite un détour par Debian pendant quelques jours (d'abord en LiveCD puis en installation) afin de vérifier que le matériel n'était pas en cause et que je pouvais exploiter pleinement le potentiel d'un environnement Linux. Je bénéficie à nouveau des pilotes de la lignée Linux et tout semble bien fonctionner. La stabilité est exemplaire durant plusieurs jours consécutifs.
L'expérience sera très brève car le système ne servira pas vraiment pour les expériementations. je connais très bien Debian depuis plusieurs années (décénnies?!) et cela ne m'apporte rien -en expériments- de rester sur cette distribution.
Je fais un second détour par NixOS. Courte expérience à nouveau, mais très intéressante: je découvre cette distribution qui m'avait été présenté lors du FOSDEM 2024. Je dois avouer que j'étais très curieux de l'expérimenter !
La distribution est immuable et sa configuration totalement reproductible ! C'est un mécanisme extrêmement bien pensé. Le système garde des snapshots de chaque version installée préalablement. Cela dit, pour un usage desktop tel que je l'envisageais, cela ne m'apportait pas grand-chose au quotidien. Et j'ajouterai que le fait que des snapshots soient archivés consomme trop d'espace disque, surtout sur un laptop donc la taille disque est assez limitée.
Je décide donc de me tourner encore une fois vers une autre distribution. L'objectif étant toujours le même: découvrir des choses nouvelles, découvrir un système que je n'ai pas exploité jusque là.
C'est ainsi que je découvre Arch Linux et ses dérivés tels que EndeavorOS, CachyOS, Garuda Linux etc. Je dois choisir l'une de ces distributions mais je ne connais pas l'écosystème ArchLinux ! Après une courte prise de renseignements le choix de EndeavorOS c'est imposé à moi naturellement car je voulais rester très proche de la lignée originelle d'Arch Linux et il n'y a que EndeavorOS qui propose cela à ma connaissance.
EndeavorOS apporte un installateur graphique assez simple -contrairement à ArchLinux- ce qui me fait gagner beaucoup de temps pour l'installation initiale. Et je dois avouer qu'après tous les détours que j'ai fais via d'autres distributions je suis soulagé d'avoir un assistant d'installation qui me permette d'avoir un système opérationnel en quelques minutes !
Installation sans encombre, prise en charge du matériel intégral sans le moindre souci. Possibilité très étendue via la rolling release et les dépôts externes AUR. La messe était dite et je n'ai plus cherché à en changer.
Par commodité je referais une seconde (ré)installation quelques semaines plus tard avec Vincent, dans le but d'avoir un disque chiffré intégralement. Vu que j'emmène à présent ce laptop partout avec moi, je préfère savoir mes données personnelles très sécurisées en cas de vol ou de perte. Nous aurions pu éviter la réinstallation du système et créer directement un conteneur LUKS puis transférer ma partition, mais nous avons fait cette opération pendant une après midi au Frigos à Metz autour d'une bière et je n'avais qu'une charge batterie limitée. La réinstallation semblait plus rapide dans ce cas. Merci Vincent pour les tuyaux et explications !
Cela fait à présent plusieurs mois que je tourne sur ce système. J'arrive à expérimenter tout ce que je veux, dans les limites des capacités de la machine naturellement... Je suis ravi de la configuration actuelle et ce passage par ArchLinux marque également mon retour sur KDE après presque 20 ans d'absence. KDE comme desktop de base est intéressant pour moi car il me permet d'expérimenter Wayland au quotidien et constater tous les progrès qui ont été fait ces dernières années sur ce compositeur. Ex Gnomiste, je rechigne pourtant toujours à utiliser les dernières versions du bureau Gnome et me repliais souvent sous XFCE.
La majorité des projets et expérimentation que vous trouverez sur ce site ont été réalisés sur mon Lenovo Thinkpad sous FreeBSD ou EndeavorOS. D'ailleurs ce site internet a quasiment intégralement été réalisé sur ce Thinkpad sous EndeavorOS. Il n'y a certes que quelques expérimentations telles que la génération vocale (qui nécessite un gros GPU) que je n'ai pas faite sur ce portable.
La facilité de mobilité de ce petit laptop me surprendra toujours. Je l'ai quasiment toujours avec moi et son autonomie est impressionnante.
Si je dois conclure en une expression: Go ThinkPad ! Go Arch !
